Discours de l’inauguration du monument

Discours

 

Mesdames, Messieurs

Au nom du Conseil Municipal, j’accepte avec reconnaissance, le Legs qui vient de nous être fait par le Président du comité, nous lui promettons d’en assurer la garde avec fidélité et persévérance. Dans cette œuvre pieuse du souvenir à nos morts nous associons la population tout entière persuadée qu’elle s’y consacrera avec tout l’élan de son cœur. Stimulée par les liens d’affection qui l’unissent à nos chers disparus.

Je salue bien bas et bien respectueusement les enfants de cette commune dont le nom est gravé sur ce monument, leur souvenir impérissable vivra parmi nous.

Je salue les mères de ces martyrs, héroïnes, discrètes qui ont passé par toutes les phases de la plus abominable torture morale et dont la vie désormais dépourvue d’attrait et de charme n’est plus qu’un long calvaire.

Je salue enfin les épouses, les parents et amis tous ceux qui ont frappés dans leur affection intime. Nous les prions d’accepter ce témoignage de sympathie comme un gage de consolation à l’amertume de leurs peines.

Ceux qui dorment leur dernier sommeil loin du pays, loin du sol natal, loin de la terre de leurs aïeux, de ce cadre merveilleux qu’est notre petite cité où ils furent arrachés brusquement à leurs rêves, à leurs illusions de vingt ans. Ceux –là dis-je nous profanerions leur mémoire si dés maintenant et les générations futur ensuite . . .

J’adresse mes remercîments aux maires adjoints, aux conseillers municipaux des communes voisinent à toutes les personnes qui se sont dérangées et qui ont tenu à honorer nos morts.

J’exprime toute ma gratitude à M° le Président et aux membres du comité, à M° Elie Meysson commissaire général et à toute notre laborieuse population qui s’est dévouée à orner et embellir cette fête du meilleur goût et du mieux qu’elle a pu.

Messieurs, le banquet que nous faisons aujourd’hui n’est pas un festin de réjouissance c’est un diner de famille où toute notre pensée est avec ceux qui ne sont plus et dans ce repas intime, nous sanctifions le culte de nos morts.

Je souhaite que ces cérémonies qui sont bien tristes ne se revoient plus dans un autre âge et que notre époque en marque la fin, mais hélas, je crains bien qu’il ne faille pas encore trop l’espérer. A peine quittons-nous le seuil de la guerre qu’elle a recommencé en Orient, risquant d’embrasser à nouveau toute l’Europe.

Et bien, il serait sage de mettre un terme à ces égorgements. Pour cela, il faut que les hommes se préoccupent mieux de leur propre destinée et comme le disait un orateur à l’inauguration d’Ambérieux, ils n’en abandonnent pas le soin aux professionnels qui sont plutôt tentés d’obtenir des avantages personnels à ménager leur amour propre qu’ils ne sont préoccupés de l’intérêt public qu’ils sont chargés de défendre. Car enfin les rapports entre peules doivent pouvoir se régler comme ceux entre particuliers. En s’inspirant des principes de raison et de justice sans avoir besoin de recourir à la force brutale qui ne solution rien, mais laisse toujours subsister après elle la haine avec l’esprit de revanche en sorte que l’on vit dans un état permanent d’armement, entretenant ainsi constamment des sujets de discorde véritables tisons enflammés qui risquent d’embraser le monde. En outre l’on détourne de leur objet de production des forces inutilisées qui sont de ce fait une charge et une ruine pour le pays.

Le champ d’expérience Europe est assez vaste pour pouvoir absorber toute l’énergie des individus à des œuvres de production, à des œuvres de paix.

Aussi, je crois  que si les peuples pouvaient arriver à s’entendre pour étendre et accroître les attributions et les pouvoirs de la Société des Nations l’on arriverait à introduire en Europe un état de sécurité bienfaisant. Toutes les nations sont à peu prés en régime démocratique. Il importe que les hommes s’acquittent avec conscience de leur devoir de citoyen, de cette façon, il est permis d’entrevoir un résultat concluant.

C’est dans cet état d’esprit que je lève mon verre.

Le Maire Louis Buisson

Extrait «  DOUVRES mon village enlacé . . . » par France Kermer 2006 pages 142-143

Pour plus de renseignement :

Dossier enseignant : monument aux morts de 1914 – 1918 – Archives …


Autre site de l’Auteur :

 

Livre de Fabien Tenand

 

Recherche commencé en 2005, publication novembre 2018

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *